Méthodologie

La cartographie du web a été identifiée comme la méthodologie la plus adaptée à cette analyse. Cette méthode a prouvé son efficacité et sa pertinence dans l’identification de réseaux sociaux complexes. Elle s’appuie sur l’idée sous-jacente que les hyperliens peuvent être utilisés en tant que représentations de liens sociaux. Étudier les hyperliens qui relient entre eux des sites web dédiés au PCI permettra donc de mieux connaître les réseaux mêmes de ces acteurs. En d’autres termes, en déterminant comment les sites en ligne sont hyperliés entre eux sur le web, on pourra savoir comment les acteurs sont connectés entre eux hors du web. C’est donc en créant une carte des connexions entre les sites web des acteurs du PCI que l’on pourra comprendre les relations entre ces acteurs, les rôles de chacun et peut-être plus important encore, la manière dont ils travaillent ensemble.

 

Pour mener à bien l’objectif principal de notre étude, notre analyse s’est découpée en trois étapes :

  • Identification des sites web. Nous avons, dans un premier temps, identifié les principaux acteurs du PCI en France. Nous avons ensuite étudié les connexions entre ces sites grâce à un crawler automatique et un autre semi-automatique (Navicrawler et Hyphe), en tenant compte de tous les liens qu’ils contenaient, qui nous ont permis de découvrir d’autres sites intéressants.
  • Classification des sites web. Dans un deuxième temps, nous avons classé chaque site web selon le type d’acteur qu’il représente (institution, association ou individu), et selon l’échelle de leur action (international, national, local), en s’aidant des informations que nous avions pu recueillir sur les sites,

3) Visualisation des sites web. Dans un troisième et dernier temps, nous avons analysé et visualisé les réseaux ainsi créés à l’aide d’un logiciel de manipulation de graphes (Gephi). Cela nous a permis d’identifier une topologie spécifique associée des réseaux du système PCI en France, qui montre : 1- quels acteurs ont un rôle central et lesquels ont un rôle périphérique, 2- dans quels cas et comment les sites sont regroupés en clusters distincts, 3- quels sont ceux, dans ces réseaux, font figures d’autorité.

 

Afin d’interpréter correctement les images ainsi créées, il est important de comprendre les règles qui ont guidé leur conception :

  • la position des nœuds est très importante et dépend de leurs connexions. Tous les réseaux qui ont été représentés dans cette étude sont spatialisés selon un algorithme face-vecteur : si deux nœuds sont proches l’un de l’autre dans le graphe spatialisé, ils sont reliés au même groupe de nœuds.
  • La taille des nœuds sert à les classer. Par exemple, nous avons choisi de classer les nœuds selon leur visibilité au sein du réseau, calculée à partir du nombre de liens qu’ils reçoivent d’autres nœuds (leur « dégré entrant »).
  • On représente la catégorie à laquelle appartient chaque nœud par sa couleur. Comme nous l’avons dit plus haut, les sites sont classés selon leur type (les points bleus représentent les institutions, les points verts les associations, et les rouges les individus et groupes) et selon leur champ d’action (les points rouges représentent les acteurs qui agissent à échelle internationale, les points bleus à échelle nationale et les verts à échelle locale).